Et voici qu'au matin du mardi 29 août; le
drame commence, encore
imprécis, mais lourd de menaces : les hommes qui chaque jour
quittent leur demeure pour se rendre à pied ou à
bicyclette à leur travail dans les fonderies, dans les
papeteries ou les bleuteries de la région, trouvent
à
chaque extrémité du village des Allemands
casqués,
l'arme au poing. Il ne s'agit pas de vérifier les papiers
une
fois de plus. « Nicht arbeiten heute » «
Il ne faut
pas travailler aujourd'hui » répondent les
sentinelles qui
refoulent les hommes vers le village. Certains essaient de passer quand
même, à, plusieurs reprises; mais, sous la menace
des
armes automatiques, ils doivent rebrousser chemin. Des groupes se
forment ; on va de maison en maison, on discute, on prête aux
Allemands toutes sortes de raisons, on forme bien des
hypothèses. Pendant ce temps, sur les collines, des soldats
installent des canons -les témoins ne s'accordent pas sur
leur
nombre -pointés vers le village et
déjà hommes et
femmes s'attendent à voir déboucher une colonne
de
blindés alliés venant de Baudonvilliers.
Vers midi un quart plusieurs motocyclettes
arrivent dans la grande rue
à toute vitesse; des Allemands en kaki, porteurs d'un
brassard
rouge à croix gammée,
pénètrent en coup de
vent dans la poste et bientôt deux violentes explosions
retentissent, assourdissant les femmes qui se 'sont
rassemblées.
M. A..., constatant qu'aucun Allemand n'est en vue, s'aventure jusqu'au
bureau de poste: du verre pulvérisé, une salle
dévastée, jonchée de débris
de planches
poussiéreuses et noircies, c'est tout ce qu'il
aperçoit.
Déjà le bruit court que la postière
est gravement
blessée et M. l'abbé Briclot, muni des Saintes
Huiles, se
rend immédiatement sur les lieux; mais la
postière avait
eu le temps de partir avant l'entrée des S.S. CI). En
rentrant
chez lui, M. A.. .aperçoit dans la côte de la Gare
quelques soldats entrant dans les maisons. De son
côté,
l'abbé Briclot se met à peine à table,
qu'une
fillette vient l'avertir que les Allemands ramassent tous les hommes.
Pensant que les S. S. veulent emmener ceux-ci en Allemagne avant
l'arrivée des Américains, il se sauve
immédiatement avec une centaine d'autres hommes du
bas-village.
Quelques minutes
après, les S.S. pénétraient au
presbytère
par devant et par derrière. Tandis que plusieurs soldats se
rendaient à la gendarmerie, désarmant les
gendarmes et
les faisaient sortir, d'autres fouillaient chaque maison en
commençant par le haut du pays, du côté
de la gare.
En entrant, les S.S. considèrent le
nombre d'assiettes
posées sur la table -il est midi -et s'informent
minutieusement
des absents qu'ils cherchent ensuite. Ils se montrent d'ailleurs
très courtois et invitent gentiment les hommes à
les
suivre; ils braquent seulement leur mitraillette quand ils rencontrent
de la résistance. Pourquoi cette opération ?
S'agit-il
d'une corvée ? Certains le croient. S'agit-il d'un
départ
vers un camp.de
concentration pour éviter une aide
aux Américains
dès leur arrivée ? C'est la pensée
d'un grand
nombre d'hommes du bas-village qui se cachent dans les champs en
bordure du pays. Leur sécurité leur paraissant
illusoire,
ils se relèvent et s'élancent en terrain
découvert
; mais de nombreux coups de fusil claquent à leurs oreilles.
Cependant les hommes « ramassés » se
sont rendus
place de la Gare; certains d'entre eux y sont allés sans
être accompagnés, pensant qu'il valait mieux faire
le
travail pour lequel, croyaient-ils, ils étaient
appelés.
Mais le feu est mis par un groupe d' Allemands, à la ferme
de M.
T ..., président du Comité agricole.
Aussitôt l'un
de ses cousins, M. B..., part lâcher le bétail et
retirer
de la cave quelques objets de valeur qu'il y sait
déposés. Mais un soldat l'aperçoit et
presque
à bout portant, lui tire un coup de fusil dans le dos. Le
malheureux -un prisonnier rentré de captivité
l'année précédente meurt
immédiatement.
Deux autres hommes, MM. T... et F... attendent dans la rue qu'un enfant
leur apporte leurs papiers d'identité oubliés
dans leur
fuite. Deux Allemands en moto-cyclette les voient et les forcent
à courir les bras en l'air devant leur moto
jusqu'à la
place de la Gare, où sont rassemblés 50 hommes de
I7
à 60 ans. Le groupe d'incendiaires continue son travail:
avec
des grenades et un acide inflammable, ils incendient un paté
de
quatre ou cinq maisons et quand le quartier est bien en feu, c'est le
tour d'un autre. Au presbytère, sous les yeux des parents de
M.
l'abbé Briclot, ils éventrent les sommiers et
allument le
crin qu'ils contiennent, puis ils montent sur le toit
répandre
une poudre qu'ils enflamment. Pendant ce temps, les cinquante hommes
réunis devant le café de la Gare, où
ils ont
reçu l'ordre de s'asseoir, sont conduits devant la Halle aux
marchandises où les femmes leur apportent leur repas
inachevé ; un s.s. offre même des cigarettes.
Toutes les
femmes et les enfants avaient quitté le bas du village en
flammes -l'incendie fut arrêté vers 3 heures pour
reprendre à 5 heures -portant des ballots de linge, des
sacs,
des brouettes chargées et s'étaient
réfugiés dans les champs. Grâce
à leur
présence qui faisait écran, un groupe d'hommes
put
quitter le champ de maïs qui les abritait et gagner la
forêt. Les fuyards rencontrèrent quelques F. F. I.
au
brassard tricolore qui descendaient de leur côté,
n'ayant,
malheureusement, que trois carabines et quelques grenades. Au moment
où ils atteignaient la lis ère du bois
« plusieurs
salves de mitrailleuses posées, ajustées
» se font
entendre à côté de la gare. Que
s'est-il
passé ?
Les femmes, qui avaient accompagné leurs
maris sur la place de
la Gare, avaient été chassées peu
avant 3 heures
et les S.S. avaient fait faire aux hommes le tour de la place pour les
mener, bien encadrés, vers le remblai situé en
face de la
petite vitesse. « Beaucoup d'hommes peut-être ont
cru tout
d'abord prendre le chemin de Jeand'Heurs pour une corvée;
d'autres ont songé à un simulacre
d'exécution.
Mais tous comprirent que leur arrêt de mort était
signé, quand ils aperçurent les mitrailleuses
braquées sur le chemin où on les alignait.
» M. T
...avait dit en fumant sa cigarette : « Ne serait-ce pas la
cigarette du condamné ? » Un officier arriva en
voiture
pour confirmer sans doute l'ordre d'exécution. La
mitrailleuse
crépita... Des coups de révolver suivirent la
fusillade:
les bourreaux achevaient leurs victimes. Plusieurs femmes ont
assisté au massacre qui se déroulait devant trois
maisons, celles du garde-barrière et de deux
employés.
Mme D..., la femme du garde-barrière, avait sous les yeux
son
mari, son fils et son gendre; Mme P ...son fils et son mari ; Mme B...,
son mari. Quand elles pressentirent l'horrible
dénouement, elles se terrèrent dans la cave;
seule, Mme
B... vit les hommes tomber; son mari étant du nombre.
Après quoi, les bourreaux firent sortir ces pauvres femmes
de
leurs habitations et jetèrent des grenades qui
anéantirent les trois maisons: les quatre femmes se
trouvèrent en face du monceau de cadavres sanglants. Nous
dirons
plus loin comment se déroula cette scène
déchirante.
Pour les rescapés,
la nuit était venue calme,
malgré la mitraille assez proche, les explosions de
grenades,
les craquements de poutres calcinées, de charpentes qui
s'effondraient dans les flammes et la canonnade assez lointaine.
L'immense brasier de leur village, prolongé par ceux de
Beurey
et de Couvonges, évoquait pour certains une vision infernale
du
film: « Verdun, vision d'histoire. » -
Lorsqu'ils rentreront
à Robert-Espagne ils verront le lieu
du
martyre. Spectacle d'horreur indescriptible : troncs ouverts,
crânes défoncés, corps
enlacés, visages
noirs et défigurés, une main crispée
se ferme sur
un chapelet. Parmi les cinquante hommes, le brigadier de gendarmerie en
uniforme tient son fils de 18 ans par le cou; deux autres gendarmes
également en tenue,
le chef de gare en vareuse et
en casquette réglementaire,
onze
cheminots; cinq pères de famille ont leur fils à
leur
côté. Un fusillé a
rédigé cet ultime
message griffonné au crayon: « Enterre-moi
à R...
Adieu ma femme, adieu chers parents. »
Les corps -une plaque de zinc au poignet droit
- furent inhumés
dans des draps sans cercueil, le vendredi, au-dessus du talus. Ils
furent placés côte à côte et
les petites
croix qui dominaient les tertres se touchaient. Sur la demande des
familles, les corps furent exhumés entre le 17 et le 28
octobre
pour être placés dans des cercueils. Plusieurs
dépouilles furent inhumées au
cimetière; mais
trente corps demeurent à l'endroit de
l'exécution; trente
corps qui évoqueront pour les
générations futures
le drame terrible du 29 août 1944.
L'un des hommes qui
s'était enfui, M. B..., fut
trouvé
par les Allemands à l'orée du bois, quarante-huit
heures
après le massacre et exécuté
à son tour.
Extrait
de la une du quotidien « Défense de la
France » (D.F.), journal de la Résistance
créé en 1941, futur « France
soir », datée du samedi 16 septembre 1944.
La rafle dura plus d'une heure. L'Allemagne exigeait les hommes, tous les hommes,jeunes ou vieux. Le village de 900 âmes en comptait 170, de quinze à soixante-cinq ans.Mais on n'en trouva que 52. Quelques-uns étaient aux champs, d'autres avaient réussi à fuir.
Et à mesure que les rabatteurs montaient la rue du village qui conduit à la gare, le cortège grossissait. En tête, le brigadier de gendarmerie était là avec ses hommes en tenue. Et le maréchal ferrant avec son fils : et l'épicier avec son fils : et le facteur... tous, quoi. Tous ceux que les SS avaient pu atteindre à cette heure.
Cela fit, je l'ai dit, 52 hommes rassemblés sous le grand préau couvert, en face de la gare. Cinquante-deux hommes devenus soucieux. Pas trop inquiets pourtant. Dame !...
Quand on n'a rien fait...
- Car ils n'avaient rien fait, Monsieur, gémit une pauvre voix à mes côtés, tandis qu'une femme en deuil me désigne les 52 croix de bois plantées côte à côte, de part et d'autre d'une croix plus grande et plus haute, faite de deux solives calcinées.
Tout ce qui reste aujourd'hui de Robert-d'Espagne, avec l'église, intacte, dont le clocher d'ardoise domine ce néant. Vernichtet. Nous avons entendu souvent ce mot là dans leurs communiqués. Un mot à eux, tiré de leur vocabulaire de nihilistes. Plus qu'un mot : un système.On arrive dans un village lorrain avec une demi-section d'automates, de ces mannequins bâchés et camouflés aux couleurs de la pourriture. On frappe à la première maison et, si la femme tarde à ouvrir, on défonce la porte à coups de crosse : « Heraus »
(dehors).
Et l'une après l'autre, ainsi, les 200 maisons sont vidées, fouillées, pillées. Dans les camions qui attendent près de chaque seuil, la sinistre équipe entasse son butin. Porte après porte l'opération se renouvelle. Porte après porte le nombre des prisonniers augmentent. Parqués près de la gare, ils attendent à présent qu'on décide de leur sort. Mais l'heure, pour eux, n'est pas encore venue.
Une foule pleure La voix du prêtre, dans l'église, se fait plus sourde, en évoquant cette journée de cauchemar. Dans la nef tendue de noir une foule en deuil, debout, se presse, immobile et silencieuse ; elle déborde le porche, s'agglomère au milieu des ruines. Tous les survivants de Robert-Espagne, tous les survivants de Couvanges et de Beurey, martyrisés eux aussi, sont venus ensemble pleurer leurs morts et leurs décombres.
Rien. Il ne reste plus rien, que des pierres calcinées, des tôles noircies, des fers tordus .Une aïeule erre, au hasard, hésite, revient sur ses pas, ne retrouve plus son chemin dans ce qui fut son village natal. L'essence et la grenade incendiaire n'ont laissé debout que la hotte des cheminées, la rampe de fonte d'un balcon, le squelette d'un vélo, la carcasse d'un poêle.
Sont-ce ces humbles débris auxquels fait allusion l'homme de Dieu lorsque, tourné vers ses fidèle, il les adjure, il les supplie de ne pas perdre courage ? Veut-il parler de ces résidus sordides lorsqu'il ajoute : « Et nous relèverons ce qui peut être relevé ! »
La foule répond à cette voix par un long gémissement. J'ignorais jusqu'à ce jour ce que pouvait être l'accent de la douleur collective. Ils sont là 2.000 qui sanglotent : veuves, orphelins, frères, cousins, parents, amis, venus des bourgs voisins, venus de Commercy, de Bar-le-Duc... 2.000 qui tournent vers la voix consolatrice, leurs visages ruisselants de larmes.
Alors, submergé par cette immense vague de détresse, le prêtre chancelle, se courbe, appuie le front sur le rebord de sa chaire et pleure à son tour comme un petit enfant. Deux témoignages Mais tout n'est pas dit que l'assassinat de Robert-Espagne, de Beurey et de Couvanges.
Paul Baud, un gars d'Haironville, village situé à quelques kilomètres, a pu réussir à s'échapper cinq minutes avant le massacre des 52 martyrs. La femme de Paumier, le chef de gare, réfugiée à 20 mètres du talus au sommet duquel s'allongent aujourd'hui le tertre et les croix de bois de la fosse commune, a vécu jusqu'au dernier instant le supplice de son mari et de son fils.
Deux gémissements.
Deux témoignages.
Deux sanglots qu'il nous faut entendre encore, mêlés aux cris de joie d'une Lorraine en partie libérée
...............................
D.F. DANS L'EST
LES ALLEMANDS
ONT ASSASSINÉ
Robert - Espagne
VILLAGE DE LA MEUSE
–––––––––
Et 2.000 des nôtres pleurent
-- leurs parents suppliciés --
––––––––––
De notre envoyé spécial Georges LE FEVRE
La commune était située à dix kilomètres de Bar-le-Duc, sur les rives de l'Ornain et dela Saulx. Elle s'appelait Robert-Espagne. Cela étonne, n'est-ce pas, qu'on puisse parler d'un village à l'imparfait, comme d'un être disparu ou d'un mort. Et pourtant, comment dire ?... Robert-Espagne, village de la Meuse, né au XIIe siècle, est mort il y a quinze jours à peine, assassiné par les Allemands, le 29 août 1944. trois jours avant l'arrivée desAméricains.
C'est ainsi que, venu dans la Meuse pour y entendre le son joyeux des cloches de la libération, je ne perçus, samedi dernier à Bar-le-Duc, que l'écho d'un glas.
Le drame ?
Semblable à ceux qui ensanglantèrent la France depuis quatre ans. Mais plus révoltant parce que plus inutile.Midi. Le soleil est haut. La grand'rue du village est déserte. Les volets sont clos. C'est l'heure où chacun mange la soupe dans la cuisine fraîche, où l'homme dit à la femme :
« On signale des Américains à Sermaize. Paris est libéré. »
- Nous ne tarderons pas à l'être, répond le fils.
A ce moment, des coups sont frappés à la porte.
- Va voir !
Trois Allemands ! Pas possible ! On n'en avait pas rencontré sur les routes depuis quelques jours. Et voici qu'ils sont encore là ! Des SS. Des durs.
- Suivez-nous.
- Pourquoi ?
- Suivez-nous.
Et voici qu'ils prennent le père et le fils.
Dehors, quelques gars du pays attendent, surveillés par quatre porteurs de mitraillette.
- Bah ! dit l'homme à sa femme, c'est encore pour une corvée... Nous reviendrons ce soir... Tâche de savoir où ils nous rassemblent et tu nous apporteras un casse-croûte pour la nuit.
52 croix de bois
.
Ce massacre est perpétré le 29 août 1944, « trois jours avant
l’arrivée des Américains ». Il concerne en réalité non seulement Robert-Espagne,
mais également trois autres communes du sud-ouest de la Meuse, en Lorraine :
Beurey-sur-Saulx, Couvonges (et non « Couvanges »
comme il est imprimé) et Mognéville. Le 9 septembre,
soit onze jours seulement après les faits, ont lieu les
obsèques des « martyrs de
Robert-Espagne ». L’envoyé spécial du
quotidien Défense de la France, Georges Le Fèvre,
assiste à la célébration. Il livre ici un reportage brut, recueilli sur le vif,
à partir des témoignages des seuls villageois. L’émotion est bien entendu
immense et prime parfois l’information.
Il conviendra
donc tout d’abord de rétablir les faits. Les criminels ne sont pas des « SS »,
comme l’écrit le journaliste, mais des soldats de l’armée régulière allemande,
la Wehrmacht, appartenant à la 3e division de Panzergrenadiers commandée par le Generalmajor
Hans Hecker :
Kommandeurs de la
La 164° LEICHTE AFRIKA DIVISIONdu 01/08/1942 au 18/09/1942,
Kommandeurs de la 26e Panzer division du 22/01/1944 - 20/02/1944)
Cette unité avait quitté l’Italie
(Florence) par voie ferrée, direction Saint-Dizier en
Haute-Marne (à quelques kilomètres au sud de
Robert-Espagne), avec la mission de bloquer ou de retarder
l’avance des troupes américaines du général
Patton. Pourquoi, ensuite, un tel « Oradour »
lorrain ? Deux jours plus tôt, le 27 août, les
résistants des FTP (Francs-tireurs et partisans :
organisation paramilitaire FFI, proche du parti communiste) du maquis
des Trois-Fontaines (massif forestier situé à quelques
kilomètres au sud de Robert-Espagne) avaient tué tous les
occupants allemands d’une voiture de tourisme. Par ailleurs,
plusieurs convois allemands en retraite avaient été
mitraillés sur la route reliant Vitry-le-François
à Bar-le-Duc, axe proche du village (au nord). Il s’agit
bien d’une contre-offensive allemande par conséquent, qui
va s’accompagner au passage de mesures de représailles
telles que pillages, incendies, exécutions sommaires.
À préciser également si l’on souhaitait
revenir sur le contexte régional, particulièrement tragique : la présence d’un
« Malgré-nous » alsacien au sein de l’unité allemande responsable de ces crimes